Il est intéressant dobserver
comment fonctionne la commande publique dans dautres
pays afin de pouvoir sappuyer sur leurs expériences.
Nous analyserons le cas de lArgentine et de lAfrique
du Sud en matière de rationalisation des marchés
publics. Par la suite, nous tirons les enseignements des
expériences de lutilisation de la dématérialisation
aux États-Unis. Puis, nous observerons les services
de conseils et dassistance imaginés par les
Indiens. Après cela, nous nous pencherons sur un
exemple de coopération entre entreprises au Brésil,
sur les références assouplies aux États-Unis
et laide financière proposée en Inde.
Lensemble de ces observations est tiré de louvrage « Améliorer
laccès des PME aux marchés publics : lexpérience
des pays sélectionnés ».
Rationnaliser
les marchés publics :
LArgentine et lAfrique du Sud
ont mis en place des mesures intéressantes concernant la rationalisation
des marchés publics.
En Argentine, en 1996, dans la ville de Buenos
Aires le montant des marchés publics est de un milliard de dollars américains.
Les élus de la ville se sont rendus compte que lensemble des marchés
conclus était en moyenne 30% plus élevé que les prix du marché.
Ils ont décidé de mettre en place des mesures drastiques pour remédier
à cette dérive. Ces mesures étaient :
La suppression des marchés fermés. Ces marchés étant
réservés à quelques entreprises.
Lancement
dune campagne de communication auprès des entreprises visant à
accroître le nombre de fournisseurs qui sintéressent aux appels
doffres de la municipalité.
Les
acheteurs doivent vérifier que les offres des candidats sont alignées
sur les prix du marché.
Après la mise en place de ces mesures,
la ville a économisé 200 millions en un an.
Cette
expérience nous montre quen communiquant auprès des entreprises
et en ne limitant pas laccès dentreprises (souvent les moins
influentes, comme les PME), les dépenses publiques sont mieux contrôlées.
Plus dintervenants signifie plus de concurrence. Ainsi les PME et les administrations
ressortent gagnantes de cette mesure.
Harmoniser
les formulaires :
Du côté de lAfrique du Sud, un livre
vert incite les pouvoirs publics à utiliser les documents contractuels
(les documents équivalents au DCE français) standard et de cesser
les conditions contractuelles spécifiques qui ne sont pas justifiées
pour certains appels doffres. Le but de cette standardisation est bien évidement
dharmoniser lensemble des procédures. Les documents contractuels
sont plus conviviaux et permettent dêtre plus facilement compris par
les entreprises. Ils ne comportent plus dexigences ou de conditions trop
onéreuses pour les PME. Ces documents sont diffusés en plus grand
nombre et permettent datteindre plus de fournisseurs.
Un
echec dans la dématérialisation :
Les États-Unis
ont vécu une expérience malheureuse dans leur désir de dématérialiser
les procédures. La France doit tirer les conclusions de cet échec
pour en éviter un semblable. En 1993, un portail Internet est crée
: FACNET. Cette interface créée dans le but déconomiser
un demi milliard de dollars est un échec. Le système a échoué
car il ne prenait en compte que les marchés publics dun montant compris
entre 2 500 $ et 100 000 $, alors que 75% des marchés publics sont
inférieurs à 2 500 $. De plus, ce revers sexplique par lobligation
pour les PME dinvestir dans des logiciels et matériels compatibles
coûteux.
La leçon à tirer de cette expérience est
de prendre conscience que les PME, bien que très bien équipées,
peuvent être confrontées au problème dinstallation de
la signature et des certificats électroniques. Il serait dommage de voir
cette initiative échouée à cause dun système
que les PME ne maîtrisent pas.
Accompagner
les PME :
Au niveau du conseil et dassistance, ce sont lAfrique
du Sud et lInde qui brillent par leurs initiatives. LAfrique du Sud
a crée des centres conseils dans chaque région qui viennent accompagner
les PME durant toute la procédure de réponse à un appel doffres.
Lexistence de ces centres est connue par les entrepreneurs pouvant sy
référer en cas de problème.
De même en Inde, la
société nationale des petites entreprises (NSIC), fournit de linformation,
de la formation et effectue de lassistance technique auprès des PME
répondant aux marchés publics.
De plus, les petites industries
membres de la NSCI sont traitées comme des fournisseurs classiques :
il ny a pas de différence faite avec les grandes entreprises. Cependant,
ces petites industries, à la différence des plus grandes, bénéficient
dune bonne information concernant les appels doffres. Les plans et
les cahiers des charges leur sont fournis gratuitement bien quils soient
payants pour les grandes entreprises.
Les centres dinformations existants
en Inde et en Afrique du sud nont, à ce jour, pas déquivalent
dans notre pays. Il est essentiel de mettre en place de telles structures et dinformer
les PME de leur existence.
Les coopératives
brésiliennes :
Au Brésil, une expérience très
intéressante a eu lieu concernant le rapprochement dentreprises.
On pourrait comparer cela au groupement dentreprises¹. Il sagit
dune coopérative de PME qui se constitue pour répondre à
un appel doffres. Par ce système, lÉtat brésilien
a pu profiter dune meilleure prestation technique pour un coût moins
élevé. Le fait de grouper de la sorte les PME crée un dynamisme
entre elles. Elles se sentent obligées de proposer une prestation de qualité
pour ne pas dévaloriser les PME sur le produit final. La prestation est
souvent meilleure que celle réalisée par une seule grande entreprise.
Il est certain que ce système est difficilement exportable dans dautres
pays, du fait des différences de mentalités et dhabitudes.
Pourtant, il nous montre limportance de favoriser la collaboration entre
les PME qui effectuent des taches précises pour répondre à
un appel doffres.
Aider financièrement
les entreprises :
Les États-Unis et lInde se démarquent
par leur implication en matière de cautionnement et de garanties. Aux États-Unis,
la garantie quobtiennent les entreprises auprès de leurs banques
est basée sur les compétences que le banquier perçoit de
lentrepreneur, et non uniquement sur une sûreté réelle.
Cela favoriserait indéniablement les PME ayant la capacité
de répondre aux marchés publics mais ne possédant pas toujours
les garanties matérielles.
En Inde, le pays permet aux PME de payer
les conditions de participations lors du dépôt de candidature dune
offre et elles ne sont pas tenues des cautions de bonnes fins lorsquelles
sont retenues. Cela atténue le besoin en fond de roulement et de ce fait,
favorise la trésorerie de lentreprise.