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Les administrations passant des marchés
publics sont souvent réputées comme mauvais payeurs, exposant leurs
fournisseurs à des délais de paiement long.
Cependant, cette
perception est erronée. En effet, d'après une étude de l'observatoire
des délais de paiement réalisée en décembre 2006 les
délais et retards de paiement moyen français est de 66 jours alors
que le secteur public paierait ses fournisseurs à 33 jours.
Il est
donc intéressant de rappeler les obligations auxquelles l'administration
est exposée pour payer ses fournisseurs, ainsi que les pénalités
auxquelles elle est exposée en cas de retard de paiement. Pour finir, nous
reviendrons sur les recours possibles offerts aux entreprises lorsque le montant
minimum annuel d'un marché à bon de commande n'est pas atteint et
la possibilité d'avoir recours aux avances.
Retrouvez
l'étude complète de l'INSEE >
Les
obligations de paiement de l'administration
Le principe est
que le délai global de paiement ne peut excéder 45 jours et 50 jours
pour les établissements de santé (article
98 du CMP 2006).
Le dépassement du délai ouvre de plein droit
et sans autre formalité, pour le titulaire du marché ou le sous-traitant,
le bénéfice d'intérêts moratoires, à compter
du jour suivant l'expiration du délai, ils sont dus même en l'absence
de demande de l'entreprise.
Le délai court à compter de la
demande de paiement effectué par le titulaire,le processus de paiement
se déroule comme suit:
45
jours de délai maximum
| 1/
Entreprise
2/ demande de paiement
3/ Pouvoir adjudicateur
4/
Mandat de payer
5/ Comptable public
6/ Ordre de virement
7/
Compte de l'entreprise |
Deux exceptions
à l'application du délai de paiement à 45 jours:
- les
prestations non terminées
- les marchés publics de travaux
où le délai ne commence à courir qu'à compter de l'acceptation
du décompte général
Le
dépassement du délai de paiement par l'administration
Le
dépassement du délai ouvre de plein droit et sans autre formalité,
pour le titulaire du marché ou le sous-traitant, le bénéfice
d'intérêts moratoires, à compter du jour suivant l'expiration
du délai.
Le taux d'intérêt en vigueur pour l'année
2007 est de 2,95%, les intérêts moratoires dus par l'administration
sont calculés en majorant l'intérêt légal de deux points,
donc 4,95%. (2,95% + 2%)
Le montant des intérêts moratoires à
4,95% s'appliquent aux marchés passées selon la procédure
adaptées ou aux marchés dont les documents contractuels précisent
ce taux.
En dehors des marchés passés selon la procédure
adaptée et en l'absence de cette référence, le taux peut
être très élevé. Ce taux se décompose du taux
de refinancement déterminé par la Banque centrale européenne
qui est au 30 juin de 4,07% qui subit une majoration de sept points pour atteindre
11,07%.
Il est à préciser que les intérêts moratoires
ne courent que pour les sommes échues, si les documents contractuels prévoient
l'échelonnement dans le temps des phases successives d'exécution
et des versements auxquels elles doivent donner lieu, aucune créance ne
peut devenir exigible, aucun intérêt moratoire ne peut commencer
à courir avant les dates ainsi prévues par le contrat.
Que
faire lorsque le montant minimum d'un marché n'est pas atteint ?
Un
marché public constitue un engagement réciproque et équilibré.
Si il est indiqué un montant minimum et un montant maximum, cela constituent
respectivement un engagement de la personne publique à l'égard du
titulaire du marché et un engagement de celui-ci à l'égard
de l'administration.
Ainsi, le montant maximum est la limite supérieure
des obligations à la charge du titulaire. L'administration cocontractante
ne peut le contraindre à le dépasser.
Le montant minimum
engage le maître de l'ouvrage à émettre des bons de commande
à hauteur de ce dernier. Les modalités de versement de cette indemnité
ne sont pas prévues par un texte.
En conséquence, si le total
effectif des commandes passées dans le cadre du marché n'atteint
pas le minimum indiqué, le titulaire qui en fait la demande est en droit
d'obtenir une indemnité évaluée à hauteur de la différence
entre le montant total des commandes et le minimum prévu au marché.
L'indemnité ne couvre en réalité que la marge bénéficiaire
escomptée.
Le droit au bénéfice
de l'avance (article
87 du CMP)
Le titulaire est en droit de réclamer
le versement d'une avance lorsque le contrat concerné dépasse un
certain montant et cela sous certaines conditions.
Premièrement, le
montant initial du marché est supérieure à 50 000 euros HT,
deuxièmement, le délai d'exécution est supérieur à
deux mois
Le montant de l'avance est limité à 5% du montant
initial, sauf dispositions contraires spécifiées dans le marché
et sans pouvoir excéder 30% pour les marchés ayant une durée
supérieure à douze mois (article
87 II du CMP).
L'avance peut toutefois être portée à
un maximum de 60%, sous réserve que le titulaire constitue une garantie
à première demande conformément aux dispositions de l'article
90 du CMP.
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